RÉPUTATION

Loup et LionRéputation

Infondée, la réputation du requin vient uniquement de son aspect de grand prédateur, et du mystère qu’il dégage. Il subit la même image qui fut attribuée aux loups et aux lions lorsque nous connaissions moins ces animaux. Seulement cinq espèces de requins, parmi les 355 existantes, sont qualifiées de dangereuses (et encore faudrait-il s’entendre sur le terme) compte tenu de leur taille, de leur régime alimentaire et de leur comportement.  Cette donnée infirme par conséquent sa réputation de « mangeur d’homme  ». En réalité, l’Homme est bien plus dangereux pour le requin, que le requin ne l’est pour l’Homme.

Depuis la nuit des temps les requins sont craints des Hommes. Durant des siècles  s’est installé entre lui et nous un sentiment de vengeance poussé par l’idée que l’agressivité est dictée par la faim : « celui qui a tué doit périr à son tour ». Mais c’est sans aucun doute après la sortie du film Les dents de la mer de Steven Spielberg en 1975, que la vision du requin diabolique est portée à son comble. La psychose s’empare de millions de personne à travers le monde, et un sentiment de haine généralisée fait jour dans toutes les générations.

Affiche de films

animaux_media

Paradoxalement, la réputation des requins tient surtout à l’aspect exceptionnel et rare d’une attaque. En effet, l’éléphant, le crocodile, l’hippopotame, le cobra ou tout simplement les moustiques tuent des milliers de personnes chaque année dans le monde, sans pour autant que cela soit médiatisé outre mesure. En revanche, une attaque, ou même la simple présence d’un requin dans l’eau, donne lieu à un article en bonne place dans les journaux.

En fait, la raison de cette crainte est surtout liée à la perception psychologique, des profondeurs sombres et inconnues des océans, qui alimentent tous les fantasmes. Ajoutez à cela un grand prédateur et vous avez les ingrédients pour installer une psychose de masse et pour créer la réputation de terreur des mers.

Qualifier le requin de « mangeur d’homme » est impropre, en considérant son régime alimentaire car l’Homme, animal terrestre et nouveau venu sur la planète, n’est pas la première cible des requins et ne fait pas partie de ses proies naturelles.

Cela dit, afin de ne pas fausser l’évaluation des dangers potentiels, seules les rencontres homme/requins ayant lieu dans des circonstances normales devraient être prises en compte. Celles-ci sont les baignades ou les activités nautiques de surface (90% des rencontres). La chasse sous marine, la plongée, la pêche et les naufrages constituent des circonstances exceptionnelles* (10%). C’est pourtant dans ce type de cas que l’on recense le plus d’attaques…

On recense moins d’une centaine d’attaques par an, dont moins d’une dizaine est fatale, alors que l’Homme et le requin se croisent très fréquemment (des milliers de fois par jour !). Le plus souvent une attaque est liée à une erreur d’identification, ou seulement motivée par la curiosité. Lorsqu’un requin mord un homme, c’est la plupart du temps par accident. Il le confond avec sa proie habituelle, mais il ne s’acharne pas et préfère lâcher prise. La majorité des attaques de requins est du type « mordu-relâché » ou morsure exploratoire, sans autre suite que les conséquences de cette unique morsure qui peut, malheureusement, être fatale, à cause de l’hémorragie ainsi provoquée.

attaque1-copieattaque2-copieattaque3-copie

Le fait est que les requins ne mangent pas les gens. L’eau n’est pas notre élément. Pourtant nous nous y aventurons volontiers, ce qui peut ne pas être sans risque. En généralisant, ce n’est pas le requin qui est dangereux pour l’Homme, mais c’est ce dernier qui se met inconsciemment en danger. Il n’y a pas de requin dangereux, mais seulement des situations à risques.

Par comparaison, il ne nous viendrait pas à l’esprit d’évoluer près d’un lion dans la savane, pourtant nous n’hésitons pas à nager sur le territoire des requins. La comparaison n’est même pas tout à fait appropriée car dans l’océan, nous ne possédons pas les mêmes qualités que sur Terre, notre motricité y est bien inférieure.

nombre-de-mort-par-anStatistiquement, la base de données mondiale des attaques de requins montre qu’il y aurait plus de risques à être tué en allant à la plage par une chute de noix de coco que par un requin, malgré la forte fréquence de nos rencontres. Le risque est également plus grand de se faire renverser par une voiture en traversant la rue.

 Psychose non fondée, la réputation de ce grand prédateur est souillée de spéculations et alimentée par le manque d’information du public sur ce groupe de poissons. Les idées reçues et la mauvaise foi font bon ménage lorsqu’il est question d’entretenir les malentendus, et le chemin qui mène à la cohabitation cordiale est encore long…

<< PAGE D’ACCUEIL

Les commentaires sont fermés